Depuis six mille ans la guerre | Plait aux peuples querelleurs[...]
Et cela pour des altesses | Qui, vous à peine enterrés, | Se feront des politesses | Pendant que vous pourrirez[...]

(Victor Hugo, Depuis six mille ans la guerre )
Pour un 11 novembre
Blasphème bien utile en ces temps de “célébration et de mémoire des victimes” victimes de QUI ? Blasphème utile en ces temps de nationalismes et communautarismes exacerbés : pleurons les victimes de la haine ou du mépris que ces tyrans sanguinaires qui étaient au pouvoir et déclaraient les guerres encore et encore éprouvaient pour leurs propres “peuples”!
Mais le lugubre contre-sens que commet Victor Hugo ( … la guerre | Plait aux peuples querelleurs …) tient au fait que ce ne sont jamais les peuples qui sont belliqueux mais les richissimes puissants qui s’emploient à les fanatiser à leur profit (dérisoires mais abondants biens matériels ou minable gloriole de monarque).
Si avant toute déclaration de guerre les peuples unis entre eux avaient éliminé leurs chefs ( “chef de guerre” – dux bellorum bien nommé) les peuples auraient pu continuer de vaquer en paix sans être pris entre le devoir de tuer le soi-disant adversaire et le devoir de se faire tuer par le peleton d’exécution de sa propre “nation” comme traître ou déserteur… voire pire … comme dangereux pacifiste!