Comme … la Nature (bonne et pure)

In illo tempore, au commencement … alors qu’encore, était le Verbe … « on » n’aurait jamais soupçonné, alors même qu’elle n’était qu’une ébauche, que la Nature pût devenir une référence, puis un objet de mode, et encore moins « la » mode. Et pourtant cela ne date pas vraiment d’hier, la revendication de nature animait déjà nos ancêtres grecs et philosophes. Puis, bien plus tard, quand les forces hostiles de celle-ci se furent un peu éloignées de la conscience quotidienne de l’humain, mieux protégé, pour un temps, au fond de villes et cités où il n’avait plus tant à craindre les loups et le froid que les rats et ses semblables, Rousseau et ses épigones inventèrent une nature revisitée : « tout le monde il était bon tout le monde il était gentil ».
D’emblée semble-t-il, au sein de l’ère historique, l’idée de nature a été mise au service de toutes les absences, de tous les fétichismes du vide : on dit aussi « utopies ».

Trois « obédiences » naturalistes

Empruntons à Clément Rosset1 l’une de ses fulgurantes synthèses. Le culte de la nature, nous dit-il, se « décline » en trois obédiences philosophiques :
La ferveur naturaliste nostalgique : « Ah ! c’était le bon temps » et dès lors, tout ce qui est, quoi que ce soit, doit être déploré, il faut regretter et tout mettre en oeuvre pour retrouver la pureté « naturelle » d’antant.
La deuxième est une ferveur naturaliste progressiste qui entonne cet autre refrain : « Ah ça ira, ça ira, ça ira ! Les lendemains chanteront sûrement ! » Comprendre : entretuez- vous aujourd’hui au nom du Progrès humain qui nous mène à la nature même de notre destinée (ferveur réputée matérialiste et « dialectique » qui oublie que ce qui fait la civilisation et la polis c’est la capacité pour les citoyens de refreiner les pulsions de la (leur) nature précisément).
Enfin, plus noir ou plus souriant (tant qu’il ne sort pas des romans) est un troisième naturalisme, pervers, qui jouit de transgresser les « lois » de Dame Nature sans lesquelles les sublimes et abjectes délectations du divin Marquis et de ses semblables se verraient dépourvues de la moindre saveur.
Tout est dit et notre philosophe emporte la conviction avec maints exemples bien connus mais désormais donnés à lire, grâce à lui, sous un autre jour.

Les imprécateurs et la naissance de l’écolâtrie

J’ajouterai, ici, une variante, ce nouvel avatar de la nature, nouvelle forme du naturalisme pervers feignant de professer un naturalisme nostalgique : cette volupté « puritaine » que l’on voit sous nos yeux animer ceux qui jubilent en jouant les imprécateurs, les culpabilisateurs :
 » Vous abimez tout, vous détruisez la nature et vous mériterez votre épouvantable punition – ce seront vos descendants qui paieront pour vous. » Ce qui rappelle les bonnes vieilles malédictions qui pèsent jusqu’à la nième génération ; bonne vieille recette quand on veut nuire et frapper les esprits de ses contemporains en toute impunité.
Tout de même, par-delà l’exécrable manière quasi-jubilatoire qu’ils ont de s’y prendre … ont-ils vraiment tort sur le fond ? Il serait encore plus agaçant qu’il n’aient pas tort ces imprécateurs-là!
L’écologie, naguère encore, était une facette de la science, elle tenait un discours rationnel et portait un regard scientifique sur le monde environnant, et le milieu humain… Depuis, elle est comme « entrée en religion » et pour se donner des moyens d’action – comme l’Eglise autrefois – est aussi entrée en politique. Etait dès lors née l’écolâtrie, bien loin de toute forme de rigueur scientifique, bien loin de la préoccupation légitime et fondée quant aux déjections et autres fiantes industrielles et à leurs effets, il ne s’est plus agi que de diffuser des discours imprécateurs, d’accabler l’interlocuteur, de paralyser le petit pollueur, ce qui, en douce, permet bien opportunément, d’éxonérer le (financièrement) gros et (politiquement) très puissant pollueur. On n’inquiète pas la poule aux oeufs d’or2.

Paradoxes ou confusion ?

D’où les innombrables paradoxes que l’on découvre jour après jour, paradoxes au nombre desquels il faut citer l’ahurissant silence des écologistes sur certains faits ou comportements et le tapage inversement proportionnel autour de solutions miracles qui, une fois étudiées se révèlent toutes sans exception pire que le mal et surtout – tous les comptes étant faits méticuleusement et très honnêtement – épouvantablement polluantes mais bien évidemment susceptibles de financer en retour les laboratoires ou les officines d’élaboration des « programmes écologistes » (enfin, c’est ce dont elles se targuent).
Confusion ! Confusion?
J’ose à peine parler de « confusion » à ce propos. S’il y a confusion c’est dans la tête des victimes de cette mode, dans celle de l’homme de la rue, de celui qui, condamné aux médias n’a que très rarement ou jamais accès aux appels d’offre, aux envers des financements, aux coulisses des compromis pour le moins douteux ou à l’élaboration des protocoles miracles qui sauveront la planète en enrichissant les uns et en assurant la carrière et les egos des autres. Pour ces derniers, point de confusion mais une gigantesque et lucrative esbrouffe.

Suivez l’exemple des donneurs de leçon !

Pour marquer les esprits, ceux des « petites gens » (les chevaliers d’industrie, eux, bien sûr, sont au-dessus de ça) il faut les humilier, les culpabiliser, ça vous « forme » l’opinion publique. Et ce dans le moindre détail : la minuscule petite veilleuse (diode lumineuse) de votre téléviseur en mode veille, vous assène-t-on, consomme, si si , et elle participe dangereusement au gaspillage qui détruit la planète … certes, certes, mais pas la Tour Eiffel sous ses mille et un projecteurs ni la tour Montparnasse éclairée de haut en bas vingt-quatre heures par jour, bureaux vides ou pleins, ni celles de la Défense, ni… ni …
Qui ne connaît ces hauts lieux touristiques (falaise ou cathédrale que les dynamiques politiques locales ont décidé d’illuminer à grands renforts de megawatts) – mais le gaspillage coupable n’est pas du côté des autorités, non, il est du côté des particuliers dont les vingt millions d’appareils en veille sur une année consomment moins qu’une nuit de la seule tour Montparnasse – sans parler des stades de foot et autres débauches publiques.
Le gaspillage éhonté des donneurs de leçons, des responsables, des gouvernants, des « grands » attise infiniment moins la presse grand public que les merveilleuses, nouvelles et coûteuses technologies à mettre au point pour sauver la planète que nous avons meurtrie.
Parle-t-on de la pollution des véhicules officiels dont les chauffeurs laissent le moteur tourner pendant des heures afin d’assurer au haut fonctionnaire ou politicien le confort d’une fraîcheur climatisée lors de son retour de rendez-vous, en trombe, girophare et sirènes en batterie ? Apprend-on au lecteur que le déplacement en avion sur une distance inférieure à 500 km représente un gaspillage supérieur à la consommation annuelle en énergie d’un bourg rural de 3000 habitants.
Il a fallu les abérrants débordements de Nicolas Hulot pour que l’opinion publique commençât à s’indigner de voir le grand gourou de l’écologie lancer ses imprécations du haut de son coûteux hélicoptère3. S’indigne-t-on des millions de mètres cubes d’eau potable utilisés pour l’arrosage des fleurissements municipaux (le même maire qui affiche bien haut son « passage au vert » veut sa troisième fleur au palmarès des villes fleuries – et invite ses administrés à vérifier leurs chasses d’eau qui pourraient fuire)? Et les mêmes assèchent-ils leurs piscines et golfs privés, renoncent-ils au lavage quotidien (!) des voitures que leur confie l’Etat ? Mais c’est le particulier qui est coupable de tout. C’est lui qui fait des trous dans l’ozone.
La secte des écolâtres a ses démons, qu’il lui faut combattre ou convertir. A les suivre dans leurs diatribes bien peu d’entre nous ne seraient pas de dangereux pécheurs. L’humain basique, vous, moi… est, globalement, « la » bête à abattre, odieux consommateur de technologies et d’énergies dont on est bien content, toutefois, qu’il mette la main à la poche pour les financer par son consumérisme effrené et fasse ainsi « tourner » l’économie, crée des emplois… Paradoxes, paradoxes.

Climat …

L’homme, enfin, le particulier, toujours lui, a bousillé le climat assène-t-on d’autorité. Mais est-il vraiment réellement fautif ? En a-t-on l’assurance ? Rien d’assuré en la matière. Le réchauffement de la planète, et ce n’est pas le premier dans la longue histoire de celle-ci, doit-il lui être imputé ?
S’il était réellement, factuellement, responsable, on devrait trouver ça rassurant, car alors une action serait envisageable, une correction de tir toujours possible – c’est une forme d’optimisme à ne pas négliger. Mais si cette responsabilité des activités humaines n’est qu’une esbrouffe de plus … alors là c’est angoissant ! Que faire ? A part subir de manière fataliste ces événements intersidéraux qui nous dépassent ? On en a tant vu, dans ces domaines pseudo-scientifiques, de ces falsifications de résultats et de dérives masquées habilement.
C’est une chose de constater le plus scientifiquement du monde qu’il fait plus chaud (moyennes et médianes d’observations fines etc.) c’en est une tout autre que d’affirmer en connaître la cause. Il semblerait cependant que le pas puisse être vite franchi par ceux qui, dans la hâte d’accéder aux postes de parole et de retentissement ont zappé sinon leurs études scientifiques au moins les cours de morale et enfoui au fond de leurs archives toute forme de méditation éthique.
D’où, peut-être, ces nombreuses dérives et étonnants paradoxes qui nous sont envoyés à la face par le club des jubilants Cassandre, les « experts » agréés auprès des personnalités politiques. Cela pourrait faire sourire.
Mais, mauvais joueurs, nous, nous grinçons des dents.
Les constats existent, les fontes des glaces, les mesures de courants marins, les données aérologiques sont exploitées avec soin. C’est incontestable. Pourtant, des certitudes formelles qui seraient incontestables elles aussi… quant aux causes de ces phénomènes climatiques sont très maigres.
Bien que victimes d’un black-out appliqué, scrupuleux, des travaux scientifiques, tout ce qu’il y a de plus sérieux, eux aussi, mettent en cause la justesse de certaines assertions très à la mode, ainsi qu’à l’occasion, la compétence voire la probité de ceux qui concluent, peut-être un peu vite, à la responsabilité humaine dans les menaçantes évolutions climatiques que nous constatons. Timide, la presse grand public, çà et là, ose poser une question4. Il ressort de manière assez flagrante que le doute s’impose à nous : la capacité pour l’homme avec les moyens dont il dispose de quantifier les effets de ses effluents polluants et toxiques – à l’échelle de l’atmosphère – n’est pas avérée.
Les derniers développements de ce « dossier » sont émouvants et pitoyables : les sceptiques5 sont aussi maladroits dans l’expression de leurs réticences que les imprécateurs qu’ils dénoncent dans leurs prophéties d’apocalypse. Les « manipulations » douteuses des résultats par les instances6 mondialement responsables de la vérité scientifique officielle sur le sujet n’ont en effet rien d’engageant.

… climatologie et …

Par ailleurs, on le sait bien, la climatologie a fait, il y a de cela déjà un bon moment, son entrée dans l’interprétation historique : Robert Fossier7 a, sans doute plus que d’autres, insisté sur le rôle du climat dans sa nouvelle approche climatologique du décollage de l’Occident vers l’an 1000.
Il soulignait également, s’appuyant en cela sur de rigoureuses études climatologiques et cosmologiques, les innombrables fluctuations dues au soleil et aux mouvements de la galaxie au sein de l’univers. Il faut savoir que notre soleil est le plus souvent la cause des fluctuations climatiques, sans parler de celles qu’induit le voisinage d’autres galaxies. Affaire d’échelle, l’activité humaine apparaît comme non quantifiable rapportée aux oscillations des rayonnements solaires sur des cycles très imbriqués et complexes ; les effets de l’activité humaine rapportés aux fluctuations du rayonnement solaires ne seraient pas mesurables8, affirment, plus récemment de « prestigieux » laboratoires.

… fantaisie créative …

Paul Crutzen9, prix Nobel de chimie, propose, lui, de polluer plus, à la manière des éruptions volcaniques, pour lutter contre les effets du réchauffement quelle qu’en soit l’origine. Ce n’est pas un paradoxe élégant de plus : la réduction des aérosols qui réverbèrent le rayonnement solaire augmenterait l’effet de serre. La plupart des aérosols ne sont d’ailleurs pas d’origine humaine mais volcanique et, de fait, nous protègent. La grande cause de l’effet de serre est la végétation et la biodiversité qui augmente sans cesse la production du méthane … le réchauffement augmente la quantité de végétaux.
Cycle infernal faut–il conclure !
L’homme en est-il bien responsable ? A-t-il quelque moyen que ce soit d’intervenir ? C’est peu probable mais si oui comment va-t-il s’y prendre ? Nul, à cette heure, ne le sait.

… jusqu’à l’aberration des apprentis-sorciers touche à tout

Le risque est ici une fois encore de voir l’homme jouer à l’apprenti-sorcier en créant de terrifiants déséquilibres. La proposition de P. Crutzen, malgré la grande autorité intellectuelle de son auteur, est bien inquiétante à cet égard.
Souvenons-nous, à une toute autre échelle, certes, de ces écomilitants irresponsables qui pratiquèrent un temps la « ré- » introduction sauvage et irréfléchie d’espèces non-natives et provoquèrent ainsi de véritables catastrophes10 pas du tout naturelles . Comme toujours quand l’homme s’arroge le droit de « rétablir » les « équilibres », bouffi de prétention, et nanti d’un savoir minuscule, il va dans le mur et induit souvent des dommages irréversibles. Des ours, des loups, des vipères, des lynx, des insectes de toutes les couleurs ont été ré-introduits par tel ou tel groupuscule militant là où il n’y en avait jamais eu, pour « rétablir » des équilibres soi-disant perdus (!) mais engendrant surtout des déséquilibres écologiques jusqu’alors inouïs. Quand les scientifiques (les vrais) ont été alertés il était bien trop tard. Les chantres écologistes de la presse qui avaient été si prompts à glorifier au départ cette malencontreuse initiative des écolâtres se firent, les dégâts constatés, tout ce qu’il y a de plus discrets pour relayer l’indignation et l’inquiétude des biologistes atterrés.
Dans la même veine, certains constats faits par les laboratoires dédiés à la surveillance environnementale sont tenus sinon secrets mais « discrets », si l’on ose dire : pensons à la prétendue croissance de la pollution des villes européennes, esbrouffe là encore. Une alarme à la pollution atmosphérique assure un succès de presse. C’est bon.
Mais, chut !, la pollution n’a jamais été aussi faible depuis 50 ans. Qu’importe, qui le sait ? Ne l’ébruitons surtout pas. Qui penserait à comparer ce que l’on sait de l’air dans les années cinquante et les contrôles d’Airparif11 par exemple. Pourtant, cela n’a rien d’illogique : nous avons de bien meilleures voitures ; le chauffage individuel au charbon en centre-ville a disparu, tout comme les activités industrielles lourdes, grâce au développement du nucléaire.
Quelques historiens s’émeuvent parfois mais sont vite discrédités par des « experts » plus ou moins auto- ou politico-proclamés qui pérorent de toute autorité dans les grands médias où soutenus par de riches modeux (on ne donnera pas de noms, le lecteur y pourvoira), toujours à la pointe du politiquement correct ils accompliront leur dur labeur.