Comme si c’était la faute au chômage, à l’enseignement scolaire, à la TV ou à je ne sais qui. Et l’on glose et l’on invente des solutions et des potions …
Alors que la cause est tout simplement ailleurs : ce qui distingue l’humain de la bête féroce dont il descend est la culture policée qu’il reçoit dès son plus jeune âge de la part de sa famille immédiate. Que celle-ci, pour diverses raisons, réputées honorables ou non, ne puisse plus accomplir cette transmission et nous voilà avec une génération qui retourne « à la nature », à la vraie, pas celle des éco-idéalistes, non la vraie, la méchante, celle des bêtes sauvages.
Mais, à vrai dire, est-elle, cette « nature » sauvage, si différente de l’agressivité commerciale qui ressemble trait pour trait à celle de la horde, la bande, dans laquelle des jeunes gens s’intègrent souvent pour combler le vide affectif et pédagogique laissé par la famille ?
La cause des désordres est bien plus à chercher dans la nature profonde de la bête humaine que dans l’origine géographique des malheureux locataires des très inconfortables immeubles des banlieues.
La petite bête (même humaine), sans éducation, si elle n’est pas formée dès son plus jeune âge demeurera bête de jungle, égoïste, farouche, sans idéal car incapable de dépasser l’immédiat, jamais invitée à dépasser le stade de la pulsion ou du « besoin » dans ce qu’il a d’impérieux et de sauvage, comment pourrait-il en imaginer la maîtrise ou le contournement ?
Ce qui engendrera un être peu soucieux d’abstraction donc peu capable de transcender le « ici et maintenant » absolu de l’animalité profonde : n’oublions cependant pas que c’est également ce qui fait que nous demeurons vivants et qui aussi s’appelle l’instinct.